ABC du Béton sponsorPrésenté par :
Adjuvants
L’adjuvant est un produit qu’on incorpore au béton au moment du malaxage afin de modifier les propriétés du mélange à l’état frais et/ou durci. Son dosage doit être inférieur ou égal à 5 % de la masse de ciment.
Les adjuvants peuvent modifier l’ouvrabilité d’un béton ou d’un mortier, leur prise et le durcissement, la perméabilité ou la répartition de l’air occlus.
Les fabricants d’adjuvants développent aussi des produits de cure et des agents de démoulage. Ces derniers sont destinés à être appliqués sur les surfaces des moules et des coffrages pour faciliter le démoulage des éléments en béton. Les produits de cure sont appliqués à la surface d’un béton ou d’un mortier exposés à l’air pour réduire l’évaporation de l’eau pendant la phase de prise et de durcissement.
Classification des adjuvants
Chaque adjuvant se définit par une seule fonction principale, selon la modification majeure qu’il apporte aux propriétés du béton ou du mortier. Cependant, l’efficacité de cette fonction principale peut varier selon le dosage et les composants du béton. Certains adjuvants développent des fonctions secondaires.
Accélérateurs de durcissement
Ils accélèrent la vitesse de montée en résistance du béton ou du mortier. Ils conviennent à tous les bétons nécessitant une résistance à court terme, aux bétons pour décoffrages rapides et bétons précontraints.
Accélérateurs de prise
Ils diminuent les temps de début et de fin de prise du ciment. Ils permettent de mettre le béton hors gel, ainsi que d’augmenter la rotation des coffrages.
Certains accélérateurs de prise contiennent des dérivés de la soude, de la potasse ou de l’ammoniaque. D’autres sont à base de chlore, ils sont alors soumis à une norme spécifique.
Entraîneurs d’air
Ils permettent d’entraîner un volume d’air plus important dans le béton et de le répartir uniformément. Ainsi, la résistance au gel et aux sels de déverglaçage du béton durci se trouve considérablement améliorée.
Hydrofuges de masse
Ils sont destinés à diminuer la perméabilité et l’absorption capillaire des bétons. Ils permettent de réduire l’apparition des efflorescences. Leur action est variable selon leur composition, dosage et les types de bétons auxquels ils sont incorporés.
Plastifiants
Ils permettent d’améliorer des résistances du béton en augmentant sa compacité (réduction de la teneur en eau) et, par conséquent, sa durabilité.
Ils sont utilisés dans l’industrie du béton pour les bétons des éléments à démoulage rapide, dans les grands ouvrages d’art nécessitant des résistances élevées et pour les bétons coulés dans les coffrages glissants.
Retardateurs de prise
Ils augmentent le temps de début de prise. Introduits dans l’eau de gâchage, ils sont à base de ligno-sulfonates, d’hydrates de carbone ou d’oxydes de zinc ou de plomb.
Ils sont utilisés pour les bétonnages par temps chaud, pour les ouvrages de masse, pour le coulage en continu ou pour les longs transports.
Superplastifiants
Appelés autrefois fluidifiants, ils sont introduits peu avant la mise en oeuvre du béton ou du mortier. Ils apportent une importante augmentation de leur maniabilité en réduisant très fortement la quantité d’eau. Ils permettent de réaliser des bétons à compacité élevée.
Ils sont utilisés pour la réalisation des fondations, dallages, radiers ou sols industriels, pour le béton prêt à l’emploi pompé et pour les bétons hautes performances, des bétons de fibres ou des bétons autoplaçants.
Autres produits du béton
Produits de cure
Ils permettent de protéger le béton frais contre la dessiccation par évaporation trop rapide de l’eau. Ce phénomène entraîne la formation de fissures de retrait avant la prise, une baisse de la résistance mécanique…
Domaines d’application :
- Sols industriels, dallages, chapes
- Ouvrages d’art
- Voiries en béton
- Industries de la préfabrication
Huiles de démoulage
Les agents de démoulage sont destinés à être appliqués à la surface des moules et des coffrages pour faciliter le démoulage des éléments en béton. Il existe plusieurs types d’huiles : végétal, synthèse, minéral neuf et recyclé. Pour garantir la qualité du parement, l’huile doit être appliquée sans excès.
Normes
Les adjuvants sont régis par la norme NF EN 934-2 datant d’avril 1998. Seuls les accélérateurs de prise chlorés sont soumis à la norme NF P 18-203.
L’utilisation des adjuvants pour la production de béton de structures doit respecter la norme béton NF EN 206-1.
Les produits de cure doivent être conformes à la norme NF P 18-370.
Marché
A l’heure actuelle, les données statistiques concernant les adjuvants pour béton ne détaillent pas par produits les volumes de consommation en France. Les chiffres communiqués par le Syndicat national des adjuvants pour bétons et mortiers (Synad) indiquent une consommation totale de 99 160 t d’adjuvants pour l’année 2006. Pour l’année 2007, le cap des 100 000 t a été franchi, se situant à presque 102 000 t d’adjuvants, tous types confondus.
Répartition du marché français des adjuvants
- Accélérateurs de durcissement : 1 %
- Entraîneurs d’air : 4 %
- Hydrofuges de masse : 3 %
- Plastifiants 37 %
- Retardateurs de prise : 3,5 %
- Superplastifiants : 31 %
- Autres produits : 20,5 %
Acteurs
En France, huit industriels se partagent le marché :
Axim
BASF Construction Chemicals France
Cemex admixtures
Chryso
Fosroc
Grace Construction Products
Mapei
MC-chimie
Sika
Technique Béton
Organismes
Synad, Syndicat National des Adjuvants pour Bétons et Mortiers
EFCA, European of Concrete Admixtures Associations
Histoire
Les recherches sur les produits agissant sur les caractéristiques du béton commencent très tôt. En 1881, E. Candlot étudie déjà l’action des accélérateurs et des retardateurs de prise. A partir de 1909, le sucre est souvent employé comme retardateur de prise. Peu après sont commercialisés les hydrofuges et les accélérateurs à base de chlorure de calcium. Les années trente voient l’arrivée des entraîneurs d’air, suivis par les anti-gels et les produits de cure.
Le rôle d’adjuvants augmente significativement dans les années soixante grâce au développement du béton. Dès 1964 est créée la Commission permanente des liants hydrauliques et des adjuvants du béton (Copla) chargée de contrôler l’efficacité réelle des adjuvants et leur sécurité. En 1968 naît le Syndicat national des adjuvants pour mortiers et bétons (Synad). Les normes se développement à partir de 1972 pour aboutir en 1984 à la mise en place de la certification par la marque NF Adjuvants.











