Le mortier est un mélange d’un ou de plusieurs liants organiques (résine par exemple) ou minéraux (ciment par exemple), d’eau, d’agrégats fins, de fillers, d’additifs et/ou d’adjuvants.
Les mortiers courants comprennent entre dix et quinze constituants différents. Les produits les plus élaborés peuvent en contenir jusqu’à vingt. Les mortiers peuvent donc être très différents les uns des autres selon la nature et les pourcentages des constituants, le malaxage, la mise en oeuvre et la cure.
Les mortiers sont présents dans tous les types de construction, bâtiments comme ouvrages d’art, dans le neuf comme en rénovation dans les domaines tels que la protection et la décoration, l’isolation, la préparation des sols, la fixation et l’assemblage et le renforcement, la réparation et le collage structurel.
Fabrication
Mortiers fabriqués sur chantier
L’assemblage des différents constituants peut être réalisé sur chantier, mais subit alors les aléas de dosages entre les différents composants. La préparation du mortier commence par le mélange homogène (à sec) du liant et du sable du chantier qui est le plus souvent roulé. Ce dernier est soit dosé en poids, soit en volume (notamment sur des petits chantiers). Ensuite, on procède au gâchage (ajout de l’eau) à l’aide d’une pelle ou d’une petite bétonnière. Cette fabrication peut entraîner une certaine irrégularité d’une livraison à l’autre et au niveau des résultats escomptés.
Mortiers industriels
Nombre d’industriels ont développé des produits précisément dosés et mélangés en usine. Ils peuvent être livrés « secs », prêts à gâcher avec de l’eau (en sacs, silos), ou « humides » et prêts à l’emploi (en seaux). Pour ces deux types de produits, on parle alors de mortiers industriels.
Types de mortiers
On distingue différents types de mortiers :
Les mortiers de ciment
Leur dosage volumétrique en ciment et en sable est en général de 1:3, tandis que le rapport eau sur ciment (E/C) est d’environ 0,35. Ces mortiers sont imperméables à l’air et très résistants, prennent et durcissent rapidement.
Les mortiers de chaux, moins résistants que mortiers de ciment, présentent un temps de durcissement plus lente.
Les mortiers bâtards
Le liant qui compose ces mortiers est le mélange de ciment et de chaux, généralement en parties égales.
Les mortiers industriels peuvent être regroupés dans cinq grandes familles de produits. Chacune d’elles comprend une ou plusieurs classes de matériaux en fonction de l’utilisation recherchée ou du résultat escompté.
Relevant des domaines d’emploi très étendus, les mortiers offrent nombre de caractéristiques parfois spécifiques à des utilisations bien précises. C’est ce que l’on appelle les mortiers performanciels.
Les mortiers de façade réunissent les mortiers de ragréage, les sous-enduits, les monocouches, les mortiers de parements organiques et les procédés d’imperméabilisation et d’étanchéité.
Performanciels, les premiers sont utilisés pour la finition d’un support afin d’obtenir une surface plane et lisse (murs comme plafonds). <
Les mortiers de sous-enduits permettent de réaliser la (les) couche(s) intermédiaire(s) d’un système d’enduit « multicouches ».
Le mortier monocouche d’enduisage, performanciel, s’applique en une couche qui remplit les fonctions d’imperméabilisation et de décoration.
Matériaux colorés à base de polymère en dispersion, les mortiers de parement organique (aussi appelés « revêtements plastiques épais » ou RPE) sont destinés pour la protection et la décoration finale des surfaces verticales.
Enfin, les mortiers d’imperméabilisation et d’étanchéité se caractérisent par leur résistance à l’eau de pluie ce qui en fait d’excellents produits de protection contre les intempéries.
Les mortiers pour sols intègrent les enduits de lissage, produits performanciels, mais aussi les mortiers pour chapes.
La famille des mortiers de fixation comprend les mortiers de jointoiement, les mortiers-colles, les adhésifs et les mortiers de montage.
Le mortier de jointoiement permet spécifiquement le remplissage des interstices entre les éléments de maçonnerie ou de carrelages.
Mélange de liant(s) hydraulique(s), d’agrégats, de polymères et autres additifs organiques, le mortier-colle permet de coller des matériaux, tout comme les adhésifs (mais qui se différencient par leur composition).
Pour sa part, le mortier de montage, addition d’un ou de plusieurs liants minéraux, agrégats, additifs et/ou adjuvants, est utilisé pour l’assemblage d’éléments de maçonnerie. Il peut être destiné à l’application à joints épais ou minces.
Les systèmes d’isolation thermique par l’extérieur (ITE) consistent en une série de composants (produits manufacturés) indissociables comprenant au minimum une colle (et/ou des dispositifs de fixation mécanique), un matériau d’isolation thermique, une ou plusieurs sous-couches, une armature et une couche de finition.
Les mortiers spéciaux ou techniques constituent la dernière grande famille de produits.
Tous performanciels, ils intègrent en premier lieu les mortiers de calage. Ceux-ci sont mis en oeuvre par coulage pour caler des machines ou matériels. Ils peuvent être à base de ciment(s) ou de résines réactives.
Les mortiers de scellement, à base de ciment ou de résine réactive, assurent la fixation ou l’ancrage de matériels ou d’éléments constructifs (armatures par exemple).
Les mortiers de réparation ont un rôle important pour les ouvrages. Ils permettent la remise en état de béton ou son remplacement partiel.
Les mortiers d’injection sont des fluides destinés aux comblements de fissures ou de cavités. Ils sont appliqués par injection sous pression et peut être à base de ciment ou de résines réactives.
Matériau sec, le mortier de gunitage est utilisé le plus souvent pour le renforcement des ouvrages en mettant en oeuvre la technique de la projection par voie sèche.
Les mortiers en silos sont des solutions prêtes en l’emploi pour des usages intensifs. Ils sont pré-mélangés à sec en usine avant d’être livrés sur site. Il peut s’agir de produits pour chapes, d’enduits (type béton projeté), de matériaux à injecter, etc.
Marché
En France, en 2006, la production de mortiers industriels a atteint 3,6 Mt*, contre 3,4 t l’année précédente. Elle est issue de soixante-dix usines réparties sur l’ensemble du territoire.
*Ces chiffres reprennent l’activité des adhérents du SNMI, le Syndicat national des mortiers industriels.
Acteurs
SNMI, Syndicat national des mortiers industriels
Association de l’Industrie Européennes des Mortiers
Histoire
L’histoire du mortier remonte à l’Antiquité et est intimement lié à celle de la chaux. Le mortier romain avait des proportions de chaux et de sable fin de 1:3. La présence de la chaux et la carbonatation permettaient à ce mortier de durcir en vieillissant, lui conférant sa pérennité.
Les Romains ont mis aussi au point le mortier de tuileau, un mélange de chaux et de fragments de briques ou tuiles et parfois de sable. En argile cuite, le tuileau agissait pendant la prise du mortier.










