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Métreur

Un bon métré est bien souvent une succession d’erreurs.
Il est l’homme des chiffres. Celui qui fixe le coût d’un chantier. Il tient en main la globalité d’un projet. Parfois appelé “économiste de la construction”, Laurent Denovillers, 42 ans, parle de son métier de métreur à Vélizy (78).
« Être métreur, c’est répertorier la quantité des éléments nécessaires à une construction (ou d’une réhabilitation) et en estimer les prix. Le métreur peut intervenir à tous les stades d’une opération. Si sa mission est toujours la même, les procédés pour la mener sont parfois différents. Avant l’appel d’offre, il est missionné par le client. Lorsqu’il y a litige, il peut agir pendant l’exécution des travaux ou être mandaté comme expert judiciaire après la fin de la construction. Quant à moi, j’interviens au moment de l’appel d’offre. Je chiffre les coûts qui permettront à mon entreprise d’y répondre au prix le plus juste afin d’obtenir le marché.
Chaque jour, je commence entre 7 h 00 et 7 h 30. A cette heure, je suis peu dérangé et peux effectuer le plus gros de mon travail. Car réaliser des métrés requièrent une grande concentration, des connaissances techniques et réglementaires. L’après-midi est davantage réservé aux consultations.
Les métrés (ou mesures) sont réalisés à partir de dossiers techniques fournis par les clients. Des dossiers plus ou moins complets, dans lesquels on trouve des photos, le descriptif des éléments – notre “bible” –, les plans. Moins le dossier est rempli, plus le travail de conception est important. Toute imprécision appelle une appréciation de ma part.
Avant de débuter mon étude, je compulse le dossier dans son intégralité. Je demande le prix des éléments indiqués dans le descriptif ou bien je consulte ma propre bibliothèque de prix. Réaliser un bon métré, c’est bien souvent accomplir une succession d’erreurs qui s’équilibrent dans le devis. Car, avec de telles quantités à chiffrer, on est rarement dans l’exactitude parfaite.
Le dossier est divisé en lots. Chaque métreur, suivant sa spécialité, réunit des informations : maçonnerie, plomberie-chauffage, VRD… Puis, c’est au responsable d’études – une sorte de métreur généraliste – de réunir l’ensemble des métrés. Le traitement d’un dossier peut nécessiter de deux jours à un mois d’étude.
Je me déplace sur le terrain lorsqu’il s’agit de chantiers de réhabilitation. Sur place, je réalise des relevés : j’analyse l’endroit où doivent être réalisés les travaux, leur accessibilité et tous les éléments qui peuvent influencer leur exécution. S’agissant des constructions neuves, le seul dossier technique suffit. Je me fie alors aux plans réalisés par les bureaux d’études.
J’ai débuté comme métreur à la sortie de mon BTS Installation sanitaire et couverture. J’aurais pu être propulsé à n’importe quel autre poste. J’ai été recruté pour celui-ci. Une chance pour moi car cela m’a permis d’appréhender, dès le départ, la globalité d’un projet de construction. »
Abécédaire
A comme Avantages
En fonction de son employeur – architecte, économiste, bureaux d’études… –, le métreur va intervenir avant ou après l’appel d’offre et exercer son métier différemment.
I comme Inconvénients
Le métreur est parfois le “mal aimé” de l’entreprise. Celui qui fixe le coût d’un chantier et qu’il ne faut pas dépasser. Le métier est assez sédentaire.
L comme Lieu de travail
Au bureau le plus souvent, il se rend sur le lieu même de la construction ou de la réhabilitation pour y effectuer diverses mesures et relevés.
M comme Matériaux
Selon sa spécialité – maçonnerie, menuiserie-charpente, électricité… –, le métreur connaît plus ou moins certains matériaux.
M comme Missions
Il évalue le coût d’un chantier en calculant les quantités et les types de matériaux nécessaires à une construction ou une réhabilitation.
O comme Outils
Il maîtrise l’outil informatique et est aidé dans sa mission par des logiciels spécialisés (métré assisté par ordinateur).
Q comme Qualités
Autonome, le métreur fait preuve d’une extrême rigueur. Une qualité essentielle pour éviter toute erreur de calculs et donc de prix. Il a de bonnes connaissances techniques en matière de construction et d’aménagement des bâtiments.
S comme Salaire
Le salaire d’un débutant qualifié peut varier, selon les régions et les qualifications, entre 1 400 € et 1 800 € brut par mois.
Formation
Le métier de métreur est accessible à différents niveaux. Du BEP Technique du géomètre et de la topographie ou Construction et topographie au BTS Etudes et économie de la construction et DUT Génie civil, option bâtiment, travaux publics et aménagement ou option génie climatique et équipements du bâtiment, en passant par le Bac pro Etudes de prix, organisation et gestion de travaux ou Technicien du bâtiment (études et économie) ou encore le BT Etudes et économie de la construction.
Le métier fait aujourd’hui l’objet d’une forte demande de la part des PME.










