Métiers du béton Présenté par :

Technicien de laboratoire mobile


A bord de mon camion, je réalise tous les essais sur bétons.


Alors que les laborantins « traditionnels » sont occasionnellement amenés à réaliser des tests sur le terrain, le technicien de laboratoire mobile en fait son quotidien. En France, ils sont seulement trois à exercer cette profession. Rencontre avec Thierry Maring, l’un de ces testeurs de terrain, qui nous parle de son métier.


 » A bord de mon camion-laboratoire, je sillonne seul l’ensemble du secteur nord-est de la France. Ce qui implique de longues journées de travail et pas mal de nuits passées à l’hôtel. Une fois arrivée à destination, au sein d’une entreprise de BPE ou de préfabrication ou parfois même sur un chantier, et après avoir installé mon laboratoire (calage du véhicule et mise en place du matériel), je peux réaliser n’importe quel essai sur bétons.
A partir de l’ordre de mission confié par mon responsable, un ingénieur technico-commercial, et d’un entretien pointu avec mon client qui me permet de cerner ses besoins, je réalise sur place un ensemble de tests. Il peut aussi bien s’agir d’essais sur granulats (granulométrie, teneur en eau et en fibres, masse volumique, absorption) que d’essais sur bétons frais (cône d’Abrams, teneur en air et en eau, température), secs ou durcis. Il m’arrive même de réaliser des mortiers de béton équivalent (MBE) et de la maturométrie. Parfois encore, je ramène certains échantillons au bureau afin de les étudier et en tester la résistance à plus long terme.
Mon objectif ? Fournir une assistance technique au client en répondant à sa problématique et l’aider à améliorer ces formules de bétons. Plus encore, il s’agit de lui permettre de gagner du temps. Et c’est tout l’intérêt du travail en laboratoire mobile qui me permet d’être bien plus réactif que si j’effectuais ces tests dans un laboratoire traditionnel. Sur place, je peux accomplir tous les essais qui me semblent opportuns. De mon propre chef ou à la demande du client. Avec mon regard “neuf”, je réalise une sorte d’audit avant de proposer des solutions inédites.
Technicien de laboratoire avant tout, je suis conducteur routier et j’ai dû passer mon permis poids lourd. Le secrétariat fait aussi partie de mon travail car quand je ne suis pas sur le terrain, je passe mon temps au bureau à rédiger des rapports. Un premier pré-rempli pour le Comité français d’accréditation, un second pour le client, présentant mon intervention et mes conclusions.
Après un bac STI et un DUT de Mesures physiques, j’ai été contrôleur qualité, responsable de laboratoire, puis, responsable formulation… Toujours dans le béton ! En devenant responsable de laboratoire mobile, j’ai saisi l’opportunité qui m’était offerte d’avoir davantage de relations directes avec les clients. C’est ce que j’aime. »


Abécédaire

A comme Avantages

Une fois l’ordre de mission reçue, le technicien de laboratoire mobile gère seul son emploi du temps. Parfaitement autonome, il ne dépend de personne.

I comme Inconvénients

Sur le terrain, il doit faire face à des conditions climatiques parfois difficiles. Ses déplacements quasi quotidiens et son volume de travail l’obligent à commencer tôt sa journée et à la finir tard. Parfois même, il peut être amené à travailler de nuit. Et à dormir à l’hôtel.

L comme Lieu de travail

Dans les entreprises de BPE et de préfabrication ou sur les chantiers, il travaille dans son camion-laboratoire, en alternance avec quelques (rares) journées de bureau.

M comme Missions

A bord de son camion-laboratoire, le technicien effectue des tests afin de fournir une assistance technique à son client. Sur place, il est en mesure de répondre à toutes les problématiques.

O comme Outils

Sans son camion-laboratoire mobile, qui contient matériels de mesures, appareillage d’essais et micro-ordinateur, son métier n’existerait pas.

P comme Panoplie

Bleu de travail, casque, gants, chaussures de sécurité, lunettes et gilet réfléchissant constituent sa tenue standard. Parfois complétée d’une protection auditive quand il travaille dans les usines de préfabrication. En revanche, au bureau, il revêt une tenue plus classique.

Q comme Qualités

Le plus souvent seul dans son travail, le technicien de laboratoire mobile doit cependant savoir être à l’écoute de ses clients.

S comme Salaires

Entre 2 000 et 2 600 € en fonction de l’expérience. A ce salaire s’ajoutent des primes de déplacements.


Formation

Il n’existe pas de formation spécifique au métier de technicien de laboratoire mobile pour la seule bonne raison qu’il n’en existe que trois en France. Tous trois font partie du laboratoire CTG qui propose une formation interne de plusieurs mois. Essais sur bétons, théories sur les granulats ou encore procédures qualités y sont étudiés. Sans oublier une formation à la conduite de poids lourds (l’obtention du permis C était inhérente à la profession).
En revanche, un diplôme préalable de niveau bac +2 (BTS ou DUT) en Mesures physiques, Génie civil et de manière générale, en sciences et technologies de laboratoire, est indispensable.

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